Edito

RETRAITES : LE CHOIX DE L’INJUSTICE

Le gouvernement affiche une grande fermeté sur la nécessité de faire une réforme des retraites et les cris d’orfraie habituels sur la faillite du système se font à nouveau entendre. Pourtant, le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) annonce qu’il n’y a pas de danger financier.

En moyenne, sur les vingt-cinq prochaines années, le système enregistrerait un déficit compris entre 0,1 % et 0,8 % du PIB. Même si la population vieillit, les gouvernements successifs ont déjà pris des mesures pour modérer l’évolution des pensions. Notamment en les découplant de l’évolution des salaires.

Le but du gouvernement, quant à cette réforme des retraites, est tout simplement de faire des économies. En multipliant les baisses et les exonérations fiscales, il prive les caisses publiques de recettes. Et pour arriver à limiter les hausses de dépenses afin de ramener le déficit public sous les 3 % (engagement envers l’Union européenne), il ne voit pas d’autre solution que de diminuer les dépenses de retraites.

Cerise sur le gâteau des financiers, les réformes successives et celle annoncée aujourd’hui contribuent largement à alimenter les compléments de retraites privés, pour celles et ceux qui en ont les moyens... Et nous touchons là une vérité crue : le décrochage des pensions par rapport au revenu des actifs, déjà entamé et qui ne pourra que s’accentuer.

La paupérisation des retraité·es est-elle acceptable ? Pour Attac, au vu des milliards distribués en dividendes, d’autres choix de partage des richesses sont possibles. Là est la vraie question politique. Et Attac participera activement à la mobilisation contre la future réforme des retraites.