Loup dans les Pyrénées : Le véritable danger, c’est l’accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande !
Article mis en ligne le 30 juillet 2022

par Attac Paris 19-20

Alors que le président E. Macron tente de rassurer les éleveurs de brebis du Hautacam quant à la présence du loup, il oublie de désigner un autre prédateur qui est bien plus dangereux : l’accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande.

Lors d’une étape du Tour de France dans les Hautes-Pyrénées (Lourdes-Hautacam), le Président de la République a rencontré les éleveurs de brebis impactés par la prédation récente du loup dans la montagne du Hautacam. Les dégâts provoqués par l’animal ont généré une angoisse importante parmi les éleveurs, qui ont demandé une intervention imminente de l’État.

Mais un autre prédateur est en passe de fondre sur les troupeaux d’ovins des Pyrénées : l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Nouvelle-Zélande, dont les négociations de préparation viennent d’aboutir fin juin 2022.
Le Président de la République a peut-être oublié de préciser aux éleveurs rencontrés à Argelès-Gazost que c’était sous la présidence française de l’UE – qu’il représentait donc jusqu’à fin juin – que les négociations de cet accord ont été finalisées.

Comme c’est systématiquement le cas dans ce type d’accord commercial qui concerne un grand nombre de secteurs économiques, l’agriculture européenne et française servira de variable d’ajustement. L’élevage ovin sera en particulier sacrifié face à une industrie laitière et de viande néo-zélandaise autrement plus puissante en termes de dimension et de normes de production et sanitaires moins exigeantes. Comme d’habitude, l’UE est prête à offrir des quotas de viande qui mettront encore en difficulté la filière, et donc les territoires.

Sans oublier que ce genre d’accord commercial international peut contenir un dispositif de RDIE (règlement des différends investisseurs-Etats ; ISDS en anglais) permettant aux grandes entreprises de poursuivre les Etats auprès d’arbitrages privés si elles estiment que leurs bénéfices sont remis en cause.

Ce qui permet à Michel Sanciaud, président d’Attac65, de déclarer : « Pour les éleveurs des Pyrénées, le prédateur le plus dangereux n’est pas le loup mais l’accord entre l’Union européenne et la Nouvelle-Zélande. Espérons que M. Macron a pu les prévenir, lui qui était forcément au courant. Plutôt qu’une "brigade loup", nous attendons une "brigade accord de libre-échange"  ». « Et quelle absurdité de vouloir faire venir des marchandises des antipodes en ces temps de réchauffement climatique ! »